« C’est avec une profonde émotion que j’ai appris le décès d’Hélène Mignon qui nous a quittés à l’âge de 91 ans. Médecin dermatologue de formation, elle a très tôt choisi de mettre ses convictions au service des autres et n’a jamais cessé de le faire tout au long de sa vie.
Ce qui définissait Hélène Mignon, avant tout, c’était la constance de ses convictions : la solidarité, l’égalité, son combat pour les droits des femmes et pour la dignité humaine.
Elle portait ces luttes avec la rigueur et la discrétion de ceux qui préfèrent l’efficacité à l’exposition médiatique. Elle s’est également engagée avec force en faveur des harkis, notamment à travers le comité « Harki Vérité », animée par une exigence de justice pour toutes les mémoires blessées.
Femme de terrain, elle était profondément enracinée en Haute-Garonne. Son engagement public débute en 1977 comme conseillère municipale de Seysses, avant d’être élue conseillère générale du canton de Muret en 1979. En 1989, elle devient maire de Muret, fonction qu’elle exerce jusqu’en 1995, laissant le souvenir d’une élue proche, chaleureuse, à l’écoute et déterminée.
Élue députée de la Haute-Garonne en juin 1988, réélue en 1997 puis en 2002, elle siège pendant quinze années à l’Assemblée nationale. La confiance de ses pairs lui vaut d’en devenir vice-présidente à deux reprises, entre 2003 et 2007, une reconnaissance qui dépassait largement les frontières de sa famille politique.
En 2009, après avoir quitté deux années plus tôt le premier plan de la scène politique, elle recevait la Légion d’honneur, juste reconnaissance de la République à une vie entièrement consacrée aux autres.
Son héritage demeure dans les combats qu’elle a menés, dans les militantes et militants qu’elle a inspirés, et dans la mémoire de tous ceux qui ont croisé sa route.
Je salue aujourd’hui la mémoire d’une grande figure du socialisme haut-garonnais qui a servi la République avec exemplarité.
J’adresse mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. »